L’Intimité authentique dans le couple avec Brave et Megan

J’ai rencontré Brave et Megan, un couple tendre, romantique et passionné qui pratique et enseigne l’intimité authentique ; ils l’appellent l’authentimacy. Voici une retranscription de l’interview que j’ai faite d’eux :

Qu’est-ce que l’authentimacy ? 

Megan : C’est une pratique qui demande un niveau d’intimité qui invite tout : nos ombres, nos lumières, nos comportements et nos émotions. Cette pratique nous amène à parler de notre vérité et à croire que tout peut être dépassé grâce à l’empathie et l’engagement à la connexion.

Brave : C’est une invitation à se montrer tel que l’on est avec toutes nos imperfections. Du moment que l’on choisit de s’engager à la connexion même lorsque l’on est en colère ou blessé. C’est justement vraiment authentique parce que c’est cru et vrai.

Qu’est-ce qui vous a poussé à aller vers cette sorte de relation ?

Brave : Je pratiquais les relations authentiques quand j’ai rencontré Megan. Je faisais parti du Mankind project depuis quelques années. C’est une communauté qui invite les hommes à développer leur intelligence émotionnelle et les aide à voir leurs ombres et schémas automatiques. Dans une relation je pense que cette pratique peut aider, mais pas toujours… Je pense que tout à commencé avec notre premier conflit… à la fin de la première semaine où l’on se voyait.

Megan : On avait passé une semaine romantique, aventureuse, joyeuse et connectée. On s’est posé dans un parc un soir pour regarder la lune de sang…

Brave : A ce moment là on était dans une relation ouverte et polyamoureuse. En voulant rester ouvert et authentique, je lui ai dit qu’une fois rentré à Austin j’allais sûrement sortir avec cette fille avec qui j’avais un peu parlé. Megan, furieuse, m’a alors demandé : »Mais quel genre d’homme es-tu ? Es-tu celui qui fait en sorte que les femmes tombent amoureuses de toi comme Casanova et qui se casse ? »

Megan : J’ai commencé à avoir des doutes sur ce qu’il me disait. Il y avait beaucoup d’exagération du style : « Tu es la plus belle femme de la planète. » Au début je trouvais ça poétique mais la réaliste et l’ancrée en moi a commencé à douter. A ce moment là dans le parc, quand il m’a dit qu’il voulait voir cette fille, je me suis figée et dans ma tête ça me disait « Cours, lâche l’affaire, c’est terminé. » Je lui ai alors dit non ! Ça va pas le faire… Et là, il m’a dit : « Je suis tellement heureux de te voir en colère ! » Ça m’a laissée bouche bée.

Brave : Je lui ai proposé de jouer au « Fuck game ». C’est un jeu de relation authentique où chacun sort tout contre quoi il est en colère contre comme fuck la politique, fuck l’argent, fuck les complications… Et j’ai essayé de la faire jouer mais elle m’a rétorqué « fuck that » j’ai pas envie de jouer ce jeu.

Megan : C’est la première fois où j’ai pu voir le pouvoir du miroir. Tout ce qui me touchait était quelque chose que je faisais moi-même. J’étais frustrée de la manière dont il traitait les femmes et après j’ai reconnu que je traitais les hommes de la même manière. Que moi-même je flirtais avec d’autres hommes.

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Est-ce que vous aviez travaillé sur vous avant de vous rencontrer ?

Megan : Je ne savais pas ce que c’était que travailler sur soi intentionnellement avant de rencontrer Brave. Je pensais que tout était inné. Je ne comprenais pas mes résistances, mes difficultés et mes parties blessées. Je ne savais pas comment les explorer, j’en avais honte et j’avais juste envie qu’elles partent. Etre capable de communiquer de manière plus complète et transparente a été une explosion pour moi. J’ai pu voir que je reniais tout ce qui pouvait en moi créer un conflit pour faire plaisir aux autres. J’ai eu une relation pendant 7 ans avec un homme. Nous refoulions complètement ce qui pouvait casser l’image du couple modèle. On faisait semblant que tout allait bien. Défaire ces automatismes à été un véritable challenge pour moi et en même temps tellement rafraîchissant.

Brave : J’ai vécu de nombreuses relations ratées avant de rencontrer Megan. Dans l’une d’elle, j’ai trompé ma compagne 2 ou 3 fois et je ne savais pas comment m’en sortir. C’était une relation pleine de culpabilité, de honte et de peur… J’ai mis du temps à le réaliser… C’est à ce moment que j’ai trouvé le Mankind project. J’ai fait des formations diverses. A un moment donné, j’ai eu une prise de conscience et j’ai compris que ma relation amoureuse était vouée à l’échec. J’ai pris la difficile décision d’arrêter. C’était mon choix, c’était dur à faire. Après cette rupture, j’ai eu plusieurs relations à la suite où j’essayais de sauver d’autres femmes avec l’envie de partager la connaissance que j’avais accumulé grâce au Mankind project. Mais résultat : une fois qu’elles se sentaient mieux, elles sont reparties avec leur ex…

Megan : Qu’est-ce que ça te fait de parler de ton passé ?

Brave : Je me rends compte que je reviens de loin ! Et je suis vraiment fier de la manière dont je peux aujourd’hui être en relation avec les autres, ma famille, mes amis, ma compagne, les membres de ma communauté. Et je vois qu’aujourd’hui je peux aider les autres quand je vois qu’ils sont incohérents ou hors de leur intégrité. Parce que j’ai été moi-même incohérent et hors de mon intégrité dans mes comportements et je peux encore l’être…

Quelle était votre projection idéale de la relation amoureuse avant de vous rencontrer ?

Brave : Euh je sais pas.

Megan : Pas aussi bien que ça ! Je suis surprise en permanence de voir à quel point notre relation est riche grâce à son côté incertain et à l’intégration des choses qui peuvent être vues comme mauvaises, honteuses, douloureuses ou compliquées. C’est ce qui fait que la relation est si riche. Je n’ai pas envie de fantasmer sur une relation idéale parce que ça me paraît déconnecté de la réalité. J’aime le côté imprévisible. Pour moi c’est un cadeau.

Brave : Si, j’avais une projection. Je voulais trouver de la profondeur dans une relation amoureuse. Du coup je me suis dit que la relation polyamoureuse devrait être la solution. Le côté compliqué est ce qui nous amène à aller plus profondément. J’avais la certitude que de plonger dans la souffrance allait nous amener à aller plus profondément dans la relation. Et avec Megan, je me suis dit « Oh, peut-être que je peux faire ça avec une seule et même personne. »

Megan : Et être dans le moment aussi. C’est à dire tomber amoureux de la personne telle qu’elle est maintenant. Plutôt que ce qu’elle va devenir ou ce qu’elle fait semblant d’être.

Brave : Avant Megan, je sortais avec une femme. Je voyais ce qu’elle pourrait être dans quelques semaines, quelques mois, quelques années, au lieu d’être vraiment avec elle.

Megan : C’est de la déception permanente où tu pousses les personnes à correspondre à une image pour toi plutôt que de les laisser évoluer pour elles à leur propre rythme. Et c’est souvent ce qui limite l’autre personne. Parce qu’il y a cette pression à l’extérieur d’elle qui la pousse à grandir d’une certaine manière.

Quelle était la première impression que vous avez eue l’un de l’autre ?

Megan : En personne ?

Brave : Elle demande ça parce qu’on a passé un mois et demi au téléphone avant de se rencontrer.

Megan : Tu veux dire avant que je le like ?

Brave : Oups je crois qu’on va faire une pub pour Tinder… Alors, oui on s’est rencontré sur Tinder. C’est un peu gênant mais en même temps c’est de notre génération.

Megan : J’adore notre histoire Tinder. Je me suis donc mise sur l’appli, mais j’étais pas trop dedans. Un jour dans un restaurant paumé au fin fond de l’Idaho, j’attendais un burrito, c’était long et spontanément j’ai ouvert Tinder. Il n’y avait qu’un profil. C’était lui, il se tenait debout avec son chien magnifique enlacé sur ses épaules et il y avait une autre photo marrante de lui torse nu. Je me rappelle avoir pris du recul et fait « Quoi » ? Et j’ai regardé d’autres photos où il faisait de l’acroyoga et j’ai liké son profil. Une heure après il m’a likée aussi. On a commencé à parler… Mais la première fois que l’on s’est rencontré en personne…

Brave : Voici le dessin que Megan a fait de notre première rencontre. Nous nous sommes rencontrés dans un café au dernier étage d’un immeuble à Seattle. On a bu un café et partagé un cookie au chocolat.

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Megan : Un coocie au chocolat collant qui s’est collé sur ses doigts et je ne sais comment a terminé sur ma robe. Il avait plein de colliers, il avait l’air de sortir d’un autre temps en transition pour une nouvelle vie. Je me souviens d’avoir senti sa nervosité. Je sentais quelque chose d’instable et de maladroit. Je me souviens aussi de m’être sentie très haute, genre extatique. Je me souviens de Cida-bear (son chien).

Brave : Elle avait cette magnifique robe, ses collants et ses bottes.  C’était intense, il y avait tellement d’anticipations du fait que l’on s’était envoyé autant de messages avant de se rencontrer. J’ai mis du temps à trouver le lieu, j’étais irritable, et en plus il y avait du désir animal qui rendait notre rencontre plus intense.

Pourquoi l’authentimacy est importante pour vous ?

Megan : C’est important pour mon évolution et mon accomplissement. J’ai l’impression d’être une pionnière dans l’engagement de couple. Je pense que l’on vit dans une génération où les gens sont plus ouverts et bombardés de variété en permanence. Il y a une tendance à privilégier la quantité à la qualité. Je pense que plus que jamais nous avons besoin de porter notre attention sur la famille et l’engagement à l’évolution dans nos relations que ce soit amicales, familiales, amoureuses. Il semble que l’on a tendance à abandonner dès qu’il y a un conflit. On abandonne facilement et on se dit : »oh, je vais juste trouver de nouveaux amis ». Je pense que l’authentimacy commence à la maison. Le fait de valider l’expérience de chacun, d’être témoins de l’identité de chacun est tellement puissant et je veux ça pour tout le monde. Il y a tellement de souffrance dans le monde parce que l’on pense que l’on n’est pas assez et on cherche des endroits où l’on se sent accepté… Je veux qu’il existe plus d’endroits où les gens puissent se sentir acceptés. On a passé des années à l’école à se préparer pour une carrière et on a aucune formation sur comment maintenir une relation durable. Il y a des croyances qui nous disent que c’est inné et si ça n’arrive pas c’est juste pas fait pour être. J’ai envie de me battre contre cette croyance férocement. Il y a des outils dont on a besoin pour évoluer dans notre appréhension des relations et pas juste fuir.

Brave :  On met tellement de temps et d’argent dans nos carrières et tellement peu dans nos relations. Pourtant c’est dans nos relations que l’on s’accomplit alors pourquoi ne pas dépenser de l’argent dans un coach ou dans une formation la-dessus ? Je me sens excité d’être aujourd’hui prêt pour les autres. J’ai cultivé de l’expérience, j’ai travaillé avec tellement de professeurs et d’amis dans leurs relations. Je suis aussi masseur depuis une dizaine d’années. J’ai donné beaucoup de conseils. Je ne suis ni thérapeute, ni psy mais j’ai envie d’écouter l’expérience de l’autre. J’écoute et je partage mes insights (sorte de fulgurances intuitives) avec les gens que je rencontre. La volonté fait partie du jeu. Je pense que tu as besoin d’intégrité et de compassion pour faire ça, pour pouvoir être avec l’autre.

Megan : C’est une pratique que l’on utilise, une manière de vivre que l’on a envie de partagé au monde. Nous avons partagé cette passion pour cette pratique dans notre communauté et des couples et des célibataires sont naturellement venus vers nous. On a cerclé un bon nombre de couples dans notre pratique de circling et on a commencé à reconnaître le pouvoir d’être vu dans sa relation amoureuse. De manière générale, le couple ne cherche pas d’aide dans sa relation amoureuse jusqu’à ce qu’il soit à la limite de l’échec. En plus, la plupart du temps ils vont voir un thérapeute ou un conseiller séparément, qui va du coup n’avoir qu’un côté de la relation. Avec nous, on partage une expérience vécue profondément des deux côtés. On partage ce qu’il se passe pour nous et l’impact que ça a sur nous quand on est en lien avec un autre couple. Je pense que là est la beauté, c’est comme si on était dans ce voyage ensemble avec nos clients. On utilise donc le circling pour faire une carte de la relation pour zoomer avec délicatesse sur certains endroits en utilisant des outils de relation authentique ou d’autres outils pour les appliquer au côté coaching. Et d’être capable de sortir avec des possibilités d’évolution, de foi et de détermination.

Est-ce que vous vous êtes engagés à un moment donné ou est-ce que vous renouvelez des accords régulièrement?

Brave : Bonne question… Je me souviens du jour où on s’est assis en haut d’une montagne dans le parc national de l’Utah.

Megan : Pendant mon déménagement pour rejoindre Brave à Austin, après avoir entretenu une relation longue distance.

Brave : On avait une superbe vue et une perspective large. C’était l’idéal pour parler de notre envie de nous engager l’un envers l’autre. Comment faire en sorte de se révéler l’un à l’autre ? Quelles sont ces racines que nous allons cultiver pour avoir de la force et de la résilience ? Comment faire pour que chaque plante qui grandit de ces racines ait des bases solides et stables ?

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Megan : Pour moi, pour que les racines soient solides, il faut que chacun reconnaisse et respecte les valeurs de chacun. A partir de là, on a pu créer un espace pour la relation. J’étais capable d’apporter des choses qui étaient importantes pour moi et des choses qui me posent des difficultés et que je veux valoriser dans la relation. Par exemple, ma plus grande difficulté était de me dévoiler et me tourner vers la relation. C’est là où j’avais tendance à fuir quand un conflit risquait de surgir. J’avais tendance à prendre du recul, voire à m’immobiliser. En avouant cette difficulté, j’ai pris la décision de m’engager à me dévoiler. Cet engagement a eu un impact impressionnant. Aujourd’hui, les moments où je sens ce désir de reculer, je me souviens de l’engagement que j’ai pris. C’est tellement beau et dévictimisant. Les engagements m’ont aidée à garder ça en tête.

Brave : De temps en temps, je regarde en arrière. Et jusqu’à maintenant, il n’y a rien que j’aimerai changer. Grâce à ses accords que l’on a passé entre nous, nous sommes capable d’être en conflit. On n’a pas honte pour être dedans.On est engagé à être là. Je peux être en colère, tu peux être en colère et on peut s’accepter comme ça. Je n’ai pas peur qu’elle me quitte parce que l’on a une dispute.

Megan : Nous avons un accord pour ne pas se quitter en cas de conflit. Il n’y a pas de temps spécifique. Cela peut être 2 ou 6 mois… Cette spécificité donne beaucoup de liberté pour s’exprimer. Cette chose difficile que j’ai envie d’exprimer, j’ai pas à la réprimer à cause de ma peur. Je peux l’exprimer complètement.

Brave : Je pense que de nombreuses personnes peuvent se sentir piégées par un tel accord. Mais je pense que c’est très important. Quand on s’engage dans une relation, il y a un niveau de sacrifice, un niveau d’abandon. Je pense que la plupart des couples n’arrivent qu’à ce point lorsqu’un enfant rentre en jeu. Même le mariage n’y fait rien. J’ai vu tellement de couple se marier et ensuite se séparer. Avec Megan, ce qui est génial, c’est que je me suis engagé envers moi-même et j’ai envie de le rester.

Megan : C’est un engagement envers soi-même en effet. Il y a moi et toi et il y a la relation que l’on est tous les deux engagés à servir. Je pense que c’est l’intention originelle du mariage. En tout cas l’idée derrière.  L’espace de la relation c’est l’espace pour lequel on est prêt à sacrifier des choses, à faire des compromis pour quelque chose qui est plus grand que nous. Ce qui est magnifique et tellement spirituel.

S’il y avait une seule pratique que vous conseillerez aux couples de pratiquer tous les jours ?

Brave : La pratique de l’empathie. Celle de se mettre à la place de l’autre, de l’écouter, de répéter ses propres mots. Cette pratique m’aide à comprendre ce qu’elle dit et l’autorise à se sentir écoutée. C’est un outil raffiné qui demande beaucoup de temps et de la persévérance à mettre en place. C’est une approche qui permet de se comprendre, plus complètement. Pour moi, il n’y a rien de mieux dans la relation que d’être vu et écouté pour nos expériences.

Megan : Le circling aussi. C’est un outil qui permet d’accéder à notre vérité la plus profonde. De voir en direct ce qui se passe en moi, de faire confiance à mes résistances, les nommer et accéder à une autre couche de vérité. C’est un engagement à prendre conscience de ce qui est dans le moment, à se rendre à notre vérité immédiate. Grâce à ça, j’ai pu apprendre à aimer à un niveau que je ne soupçonnais pas. 

Dans toute relation, il y a une partie qui nous amène dans l’univers de l’inconnu. C’est un lieu où la grâce habite, si vous êtes prêt à autoriser la possibilité d’être là.

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