Une plateforme de circling en ligne

Interview de Jordan Mirska Allen, fondateur de la plateforme de circling en ligne « Circle Anywhere », facilitateur de Circling, auteur de Beautiful Apocalypse et coach personnel.

Tout d’abord qu’est-ce que le circling ?

C’est une pratique qui permet de vivre une vie emphatique et pleine de sens. C’est aussi une pratique qui aide à être plus en phase avec ce qu’il se passe en permanence dans les relations.

Le résultat est plus d’appréciation pour tout, tout particulièrement pour les petites choses. Par exemple, je vois que j’apprécie plus les fleurs. Avant, quand j’allais quelque part, je m’arrêtais rarement à part si je tombais sur un arbre fruitier. Maintenant je m’arrête devant une fleur, je me dis « oh c’est tellement joli » et je prends le temps de l’apprécier. C’est un résultat direct du circling

Je vois une forme d’art dans cette approche relationnelle, et une gratitude… La gratitude de mieux se connaître.

(vidéo de présentation du circling)

Pourquoi en ligne ?

La possibilité d’atteindre des personnes comme toi. Je ne sais pas si tu aurais joué le jeu autrement. Et puis, j’adore être rebelle. Prendre quelque chose qui est fait pour une certaine chose et m’en servir pour en faire l’opposé. Je pense que c’est aussi ce que font les artistes.

Il y a tellement de gens qui pensent que la technologie nous sépare et nous rend de moins en moins connectés. J’ai eu envie de prouver l’inverse. Pas juste comme Facebook ou Twitter, mais en créant une plateforme où l’on peut apprendre à se connaître profondément entre nous.

Je peux voir qu’il y a des milliers de personnes qui aimeraient faire du circling ou voudraient faire du circling s’ils en connaissaient l’existence. D’autre part, il y avait de nombreux facilitateurs qui avaient besoin de pratiquer avant de se lancer. Je me suis dit, attendez mais je peux arranger tout le monde en faisant ça en ligne !

Par exemple une des facilitatrice de circleanywhere a eu des difficultés à lancer des cercles à Hawaii. Grâce à la plateforme, elle a maintenant dirigé une centaines de sessions.

Est-ce que tu penses qu’il faut se préparer avant d’intégrer un cercle ?

Oui et non, ça dépend toujours du contexte. Il y a des personnes qui viennent et qui n’ont jamais cercle et je ne sais pas s’ils ont jamais fait un quelconque travail sur eux avant. Mais ils arrivent dans un groupe de personnes qui ont déjà fait énormément de circling. Donc finalement, je pense que ça marche mieux pour eux, parce que justement ils ne sont pas préparés. Ils sont totalement ouverts.

Et puis, l’apprentissage final, c’est vraiment d’être. D’être tel que tu es.

D’ailleurs, de temps en temps, le piège de la préparation c’est de penser que l’on doit être quelqu’un d’autre que la personne que nous sommes. J’aime mélanger les gens pour qu’ils puissent intégrer le : Je peux être comme je suis. Pour moi, ce qui est important, c’est de se débarrasser des hypothèses de ce que nous devons être et nous abandonner à ce que nous sommes vraiment.

Il y a une compassion naturelle, une empathie et un amour qui émerge quand nous nous rapprochons de plus en plus de cela. Et lorsque nous sommes témoins d’une personne qui fait l’expérience d’être face à l’une de ces hypothèses, nous ne pouvons faire autrement que de ressentir de l’attention et de l’affection pour elle.

Donc finalement, je pense que les gens n’ont pas besoin d’être préparés pour cette expérience.

Je m’inquiète pour les personnes qui ne savent pas gérer des états de dépression intense quand ils sortent d’un cercle. Qu’en penses tu ?

Comment ça se fait que tu t’inquiètes de l’après et non de l’avant où ils étaient déjà en dépression ? 

(rire)

Mais bien sûr c’est une de mes inquiétudes, c’est pour ça que j’ai l’intention de faire en sorte qu’il y ait des cercles 24h sur 24 de telle sorte que dès que tu as un souci boom tu vas sur la plateforme. Mais d’un autre côté, il y a une certaine humilité que je dois reconnaître. Je ne sais jamais ce qui est le mieux pour quiconque même quand il s’agit de suicide.

Je ne veux pas que ça arrive. Il m’est arrivé de cercler des gens suicidaires. La plupart du temps, la meilleure chose que je puisse faire c’est de les aimer tels qu’ils sont. Je sais qu’il y a toutes sortes de techniques que tu peux faire mais je préfère simplement être avec eux, les comprendre… Comprendre la souffrance qui les a conduits à envisager ça. Et je ne veux surtout pas leur en faire honte à cause de ma propre peur de la mort ou de ma propre culpabilité.

Je t’ai vu régulièrement envoyer de grosses doses d’amour simplement en regardant une personne dans un état de vulnérabilité. Est-ce que tu l’as toujours fait ou est ce que c’est quelque chose que tu as travaillé ? 

Un peu des deux. Naturellement j’étais un enfant prévenant et je l’ai cultivé en m’intéressant aux autres et à moi-même. Et ça s’est intensifié en cerclant.

Le truc c’est que je me sens honoré quand les gens me montrent ces parties vulnérables d’eux. Je vois ça comme de beaux cadeaux. Je vois le courage dedans, même si la plupart des gens ne voient pas leur courage quand ils le font. Je peux voir le coeur de quelqu’un dans cette vulnérabilité, dans ses peurs et dans ses protections.

Je peux voir comment je peux être comme eux. Je peux sentir cette place en moi. J’avais l’habitude de la chercher, maintenant ça vient naturellement.

J’ai été très inspiré par A Course in Miracles. Ce texte spirituel très étrange et beau.

Je me souviens aussi d’une phrase qui m’a marqué et qui m’accompagne.

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« Sois gentil, car chaque personne que tu rencontres mène un combat dont tu ne sais rien. »

J’aime écouter l’autre patiemment. Dans ma patience, j’attends de voir qu’est-ce qui va être révélé…  

Aujourd’hui je vois que j’apprécie ce que j’avais l’habitude de rejeter comme par exemple mon anxiété. Aujourd’hui je ne bois pratiquement plus d’alcool. Parce que justement ça m’empêche de ressentir cette anxiété. 

Qu’est-ce qui est important pour toi dans ce que tu fais ? Qu’est-ce qui te guide ? 

Il y a un sens de liberté qui est possible en tant qu’être humain. D’être vraiment complètement en vie dans un état de total lâcher-prise de tout, des attentes, de ce que l’on croit être…

Spécialement avec les gens que l’on aime.

Tu abandonnes et tu récupères 10 fois plus et ça marche pour tout. Tu abandonnes l’idée de penser ou de savoir quoi dire et tu arrives à dire un truc que tu n’aurais même pas rêvé de dire. Je crois pas que ce soit juste possible, je crois que c’est naturel. C’est là où l’on va en tant qu’espèce et en tant qu’individu. Le Circling est la meilleure manière que j’ai trouvée pour libérer cette capacité, obtenir du soutiens et s’aimer les uns les autres.

C’est ce pour quoi je vie. J’aime cette reconnaissance de l’autre quand il est soudainement libéré de quelque chose qui l’enchaîne. Je ne sais pas ce que c’est. Je peux l’appeler Dieu ou mystère. Je ne sais pas si c’est un éveil pour se libérer de tous ses attachements. Je ne sais pas comment ces choses interagissent.

C’est pour ça que j’ai abandonné tout autre chose. Je suis au service de ça. Je rejette tout ce qui n’est pas purement le fruit de cette interconnexion.

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Jordan Mirkska Allen à gauche et Sean Wilkinson à droite 

En t’écoutant, j’ai l’impression que tu ne veux plus te distraire de ton chemin. Est-ce que c’est le cas ?

J’en ai envie mais, il y a quelque chose en moi qui ne me laisse plus me distraire. J’ai fait suffisamment de choix pour. Une partie de moi veut encore se distraire mais il y a une plus grande partie de moi qui s’en fout de ce que je veux.

Est-ce que tu te souviens d’un moment où tu l’as décidé ?

Je me souviens de milliers de moments. Comme une prière. J’aime Dieu comme concept, comme un moyen de se lier à la divinité. Je ne pense pas que c’est le seul mais celui-ci a du sens pour moi. Je lui ai dit des milliers de fois : « Laisse-moi être à toi ».

Il y avait cette question avec mon ex. On parlait de toutes les possibilités. Du futur, on va avoir des enfants, se marier et tout ça. Et je ne me rappelle pas du moment exact. On a partagé ce moment avec un ami en particulier, un mentor.

Cette idée est arrivée : « Ah, attends je ne veux pas de ça pour l’instant ». » Pour l’instant » était une manière de me protéger et de la protéger contre la souffrance de la vérité. « Je ne veux pas de ça pour l’instant » veut dire non. A ce moment-là j’ai dû lui en parler tout de suite. Et là je me suis dit « Oh putain on doit se séparer ». On a passé les prochaines semaines ensemble, tout en sachant que ça allait se terminer. J’ai dû prendre cette même décision encore et encore. De la voir pleurer, de me voir pleurer et de me dire que l’on avait quelque chose de magnifique. Je ne peux même pas l’expliquer.

Je sais que je dois dire non à ça parce qu’en disant non, je dis oui à quelque chose de plus grand. Cela voudra peut-être dire 10 ans de solitude extrême et de vivre sous un pont. Et je me dirai que c’est ça que j’ai été appelé à vivre. Je ne l’espère pas, je ne pense pas. Mais c’est possible. 

Qu’est-ce que tu as étudié ? 

J’ai étudié la religion. C’était un mélange d’histoire, de sociologie et de psychologie. Je me suis intéressé tout particulièrement à la psychologie et à l’étude de l’âme. J’ai trouvé ma voie dans la la théorie intégrale, tout particulièrement dans le livre de Ken Wilber qui est l’un des auteurs principaux. Tous mes écrits et mes différents cours sont en référence à cet ouvrage. Je pouvais continuer à faire des grosses fêtes sur le campus et garder de très bons résultat parce que justement j’utilisais cette théorie intégrale en permanence. Avant que je ne sache ce qu’était le circling j’avais envie d’avoir des conversations profondes et pleines de sens à la place de banalités.

Comment le circling est né ?

Il y avait deux groupes d’amis qui faisaient des cercles, l’un avec Decker Cunov et l’autre avec Guy Sengstock. Les deux groupes faisaient le même style d’expériences. Decker faisait des cercles d’âmes à âmes et Guy a expérimenté des états de conscience modifié avec un groupe d’amis au Burning Man.

La vie les a amenés à se rencontrer. Ils avaient une manière d’être avec les autres différente. Ils intégraient la méditation et toutes sortes de thérapies et de coaching. John Thompson et Sean Wilkinson ont trouvé Decker en ligne. Ils ont commencé à pratiquer par eux-mêmes tous les jours. John et Sean ont créé leur version propre et je les ai trouvé ou ils m’ont trouvés et la vie nous a rassemblés.

Quand ?

En 2014 je crois. Il n’y a pas si longtemps que ça. C’est fou. J’ai l’impression d’avoir vécu une vie entière. Je crois que j’ai dirigé 50 ou 60 week-ends depuis.

C’est comme si la vie avait balancé : « Yo les humains vous avez besoin de plus de conscience autour de vos connexions. » Les humains étaient en mode : « d’accord. » C’est alors que toutes ces différentes pratiques sont arrivées. Elles sont toutes sur le « nous ». Et circling est l’une d’elles.

En t’écoutant, je visualise le circling comme un regroupement. C’est comme si tout ce que j’avais appris pour travailler sur moi et pour aider les autres était le bienvenue dans le cercle et n’importe qui ayant fait d’autres choses apporte quelque chose. Même quelqu’un qui n’a jamais pratiqué quoique ce soit peut amener quelque chose d’autre.  Et tout le monde apporte tellement de lumière et évolue. 

J’aime que tu dises que c’est un regroupement. Et, en effet tu peux amener ces modalités et tu n’as même pas à m’apprendre. Je peux voir que tu le fais et j’en fais partie et c’est comme si tout le terrain était plus riche, sage et capable. 

Qu’est-ce que tu aimes d’autres dans le circling ?

L’inconnu. Les moments où j’ai la sensation de pouvoir le toucher et être avec le groupe en train de l’expérimenter.

C’est aussi une des choses qui me touchent le plus.

La volonté d’aller ensemble dans l’inconnu… C’est comme chaque fois que je pense savoir, il va m’être prouvé qu’en fait je ne sais pas ou quelqu’un va me le montrer.

Parfois tu vas être face à une personne qui semble faire style qu’elle sait alors qu’elle sait rien. Et en fait, si elle le sait. Mais souvent elle ne sait qu’une partie… et toi tu as l’autre partie.

Les gens en circling qui peuvent assister à ce genre de choses peuvent réagir en mode : « Mais qu’est-ce que c’est? »… Ça a l’air d’être le chaos mais sous un autre angle de vue ça prend tout son sens.

Ce que j’aime aussi c’est avoir la possibilité de me connecter à mes émotions négatives et d’être vue avec.

Au lieu de les réparer, de les aider ou d’en avoir honte.

…Et voir que ça peut même aider de temps en temps.

Il y a tellement de beauté là-dedans. C’est comme la solitude. Elle est tellement belle. Tellement humaine. Tellement connectée.

Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui vont lire l’article ?

J’ai envie de leur dire de te demander ta propre expérience du circling et pourquoi c’est important pour toi. J’ai aussi envie de les inviter à te soutenir à partager ce qui est dur avec eux.

Envie de lire son livre >>> clique ici

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De visiter le site sur la pratique du circling >>> clique ici

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